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Démarchage téléphonique automobile : ce qui change pour les concessions à partir du 11 août 2026
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Démarchage téléphonique automobile : ce qui change réellement le 11 août 2026

Le 11 août 2026, une réforme majeure du Code de la consommation entrera en vigueur et modifiera durablement les pratiques commerciales des entreprises françaises. Pour les professionnels de l'automobile, cette évolution représente un véritable changement de paradigme.

Jusqu'à présent, disposer d'un numéro de téléphone dans un CRM permettait souvent de relancer un prospect ou un ancien client. Demain, cette logique ne sera plus suffisante.

Le principe devient simple : sans consentement préalable, pas de prospection téléphonique, sauf exceptions prévues par la loi.

Pour les concessions automobiles, les distributeurs, les marchands de véhicules d'occasion ou encore les agents automobiles, cette réforme implique de revoir les processus de collecte des leads, la gestion des consentements et l'organisation des campagnes commerciales.

En résumé : ce qui change au 11 août 2026

Avant d'entrer dans le détail, voici les principaux changements à retenir.

✅ Le dispositif Bloctel disparaît.

✅ Le consentement préalable devient obligatoire avant toute prospection téléphonique.

✅ Les professionnels devront être capables d'en apporter la preuve.

✅ Les anciens fichiers CRM devront être audités.

✅ Les appels liés à un contrat en cours resteront autorisés.

✅ Les outils CRM devront intégrer la gestion des consentements par canal de communication.

En clair, détenir un numéro de téléphone ne donnera plus automatiquement le droit d'appeler un prospect.

Que dit la nouvelle réglementation ?

La réforme modifie notamment les articles L.223-1 et L.223-2 du Code de la consommation.

À compter du 11 août 2026, il sera interdit de démarcher téléphoniquement un consommateur qui n'a pas exprimé son consentement préalable pour recevoir des sollicitations commerciales par téléphone.

Ce consentement devra être :

  • libre ;
  • spécifique ;
  • éclairé ;
  • univoque ;
  • révocable à tout moment.

Surtout, la charge de la preuve reposera sur le professionnel. En cas de contrôle, celui-ci devra démontrer que le consommateur a bien accepté d'être contacté.

Les dispositions concernant les jours et horaires autorisés pour le démarchage restent, quant à elles, applicables.

Pourquoi cette réforme impacte fortement les concessions automobiles ?

Dans la distribution automobile, le téléphone reste l'un des principaux leviers de conversion.

Les équipes commerciales l'utilisent quotidiennement pour :

  • rappeler une demande d'essai ;
  • qualifier un prospect ;
  • proposer une reprise ;
  • accompagner une demande de financement ;
  • relancer un devis ;
  • réactiver un ancien client.

Cette organisation va devoir évoluer.

À partir du 11 août 2026, avant chaque appel, les équipes devront être capables de répondre à une question essentielle :

Pourquoi sommes-nous autorisés à appeler cette personne aujourd'hui ?

La réponse devra reposer sur un consentement démontrable, une demande explicite du prospect ou une relation contractuelle toujours en cours.

Dans quels cas un appel reste-t-il autorisé ?

La réforme n'interdit pas l'utilisation du téléphone. Elle encadre les situations dans lesquelles il peut être utilisé.

Situation Appel autorisé ?

✅ Les appels autorisés

  • Demande d'essai → Le prospect a demandé à être recontacté.
  • Demande de rappel → L'appel répond directement à une sollicitation.
  • Estimation de reprise → La demande provient du consommateur.
  • Simulation de financement → L'appel s'inscrit dans la continuité de la demande.
  • Livraison d'un véhicule → Appel lié à un contrat en cours.
  • Véhicule en atelier → Suivi d'une prestation contractuelle.
  • Garantie ou contrat d'entretien actif → Relation contractuelle toujours en vigueur.

❌ Les appels qui ne sont plus autorisés sans consentement

  • Relancer un ancien client pour lui proposer un nouveau véhicule.
  • Contacter un ancien prospect uniquement parce que son numéro figure dans le CRM.
  • Appeler un particulier dont le numéro a été récupéré sur une annonce pour lui vendre un service.
  • Lancer une campagne téléphonique sur une ancienne base de données sans pouvoir prouver le consentement.

À retenir : la présence d'un numéro de téléphone dans votre CRM ne constitue plus une autorisation de prospection.

Les anciens fichiers CRM deviennent un enjeu majeur

De nombreuses concessions disposent aujourd'hui de plusieurs milliers de contacts collectés au fil des années.

Or, pour une partie importante de ces données, il sera parfois impossible de retrouver :

  • l'origine du lead ;
  • le formulaire utilisé ;
  • la date de collecte ;
  • le texte de consentement présenté ;
  • le canal autorisé ;
  • la preuve du consentement.

Ces contacts ne pourront plus être intégrés automatiquement dans des campagnes de prospection téléphonique.

Les professionnels devront segmenter leurs bases de données afin de distinguer :

  • les prospects ayant donné leur consentement ;
  • les demandes récentes ;
  • les clients disposant d'un contrat en cours ;
  • les contacts non qualifiés ;
  • les personnes ayant retiré leur consentement ou exercé leur droit d'opposition.

Le CRM devient ainsi un véritable outil de conformité réglementaire.

Leboncoin : peut-on encore appeler un vendeur particulier ?

Cette question concerne directement le marché du véhicule d'occasion.

Aujourd'hui, de nombreux professionnels contactent des particuliers ayant publié une annonce afin de proposer :

  • une reprise ;
  • un achat professionnel ;
  • un mandat de vente ;
  • un dépôt-vente ;
  • une estimation.

À partir du 11 août 2026, une distinction importante devra être faite.

Vous souhaitez acheter le véhicule

Dans ce cas, l'échange est directement lié à l'objet de l'annonce.

Le professionnel intervient comme acheteur potentiel.

Vous souhaitez vendre un service

En revanche, si l'objectif est de promouvoir une prestation commerciale, un mandat ou une offre de reprise, la démarche relève de la prospection commerciale.

Le fait qu'un numéro de téléphone soit visible dans une annonce ne constitue pas une preuve de consentement à recevoir des appels commerciaux.

Les campagnes consistant à extraire automatiquement des numéros depuis des plateformes devront donc être revues.

Les appels réalisés par une IA ou un automate sont-ils concernés ?

Oui.

La réglementation s'applique également :

  • aux prestataires de téléprospection ;
  • aux automates d'appel ;
  • aux agents conversationnels alimentés par l'intelligence artificielle ;
  • aux campagnes automatisées.

L'utilisation d'une IA ne modifie pas les obligations du professionnel.

Avant chaque appel, le système devra notamment vérifier :

  • l'origine du contact ;
  • l'existence d'un consentement ;
  • le canal autorisé ;
  • la finalité de la sollicitation ;
  • l'existence éventuelle d'un retrait de consentement ;
  • le contexte contractuel.

L'automatisation ne peut donc pas servir à contourner la réglementation.

Les formulaires de génération de leads devront évoluer

Les formulaires présents sur les sites des concessions devront également être repensés.

Cela concerne notamment :

  • les demandes d'essai ;
  • les estimations de reprise ;
  • les simulations de financement ;
  • les recherches personnalisées de véhicules ;
  • les prises de rendez-vous ;
  • les formulaires de contact.

Chaque consentement devra être associé à un canal précis.

Par exemple, accepter de recevoir un email ne signifie pas accepter une prospection téléphonique.

De la même manière, demander à être rappelé pour un véhicule spécifique ne constitue pas une autorisation générale permettant de recevoir des appels commerciaux pendant plusieurs années.

Les 5 actions à mettre en place avant le 11 août 2026

Les distributeurs automobiles ont tout intérêt à anticiper cette évolution réglementaire.

1. Auditer les bases CRM

Identifier les contacts pour lesquels une preuve de consentement existe réellement.

2. Revoir tous les formulaires

Les formulaires de collecte doivent distinguer clairement les différents canaux de communication : téléphone, email, SMS ou messageries.

3. Segmenter les bases de données

Ne plus mélanger anciens clients, prospects, demandes ponctuelles et contrats actifs.

4. Former les équipes commerciales

Les vendeurs devront connaître les nouvelles règles afin de savoir dans quelles situations un appel est autorisé.

5. Faire de la conformité un levier de performance

Les concessions qui disposeront de données fiables, qualifiées et correctement documentées gagneront en efficacité commerciale tout en limitant leur risque juridique.

FAQ : les questions que se posent les professionnels de l'automobile

Puis-je appeler un ancien client pour lui proposer un nouveau véhicule ?

Pas automatiquement. L'existence d'une ancienne relation commerciale ne suffit plus à justifier une prospection téléphonique.

Une demande d'essai constitue-t-elle un consentement ?

Elle autorise la concession à répondre à cette demande précise. En revanche, elle ne vaut pas nécessairement consentement pour de futures campagnes commerciales.

Puis-je utiliser un numéro trouvé sur une annonce Leboncoin ?

Uniquement si le contact est directement lié à l'achat du véhicule. Utiliser ce numéro pour promouvoir un service commercial relève de la prospection et nécessite un consentement préalable.

Les appels réalisés par une intelligence artificielle sont-ils concernés ?

Oui. Les mêmes obligations s'appliquent, que l'appel soit effectué par un conseiller commercial, un prestataire ou un agent conversationnel automatisé.

Ce qu'il faut retenir

La réforme du 11 août 2026 marque une évolution majeure dans la relation commerciale entre les professionnels de l'automobile et leurs prospects.

Le téléphone restera un levier de conversion performant, mais son utilisation reposera désormais sur une logique de consentement démontrable plutôt que sur la simple détention d'un numéro.

Pour les concessions, cette évolution dépasse la seule conformité réglementaire. Elle implique de repenser la collecte des leads, les formulaires digitaux, la gestion des CRM, les campagnes marketing et les outils d'automatisation.

Les réseaux qui anticiperont ces changements disposeront d'un avantage concurrentiel durable : des bases de données mieux qualifiées, une relation client plus transparente et des actions commerciales conformes aux nouvelles exigences du Code de la consommation.

D'après la FNA et SpiderVO